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Le Jazz

Le mot « jazz » est apparu vers 1915, il est dérivé d’un terme d’argot. Ce n’est que dans les années 1920 que son emploi se généralise et qu’il désigne la musique.

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Le jazz est un savant mélange de plusieurs courants musicaux, il plonge ses racines dans les chants religieux, les work songs (chants de travail des esclaves dans les plantations de coton) et s’inspire du blues. 

Dans un premier temps, le durcissement des lois Jim Crow sur la ségrégation raciale en Louisiane dans les années 1890, interdit aux musiciens professionnels de couleurs de se produire en compagnie de musiciens blancs. C’est alors que les musiciens formés au conservatoire vont intégrer les fanfares et orchestres noirs et ainsi apporter leurs connaissances au mouvement. Avec la Première Guerre Mondiale, le public blanc s’ouvre peu à peu à cette culture musicale et dansante à travers les salles de danse, clubs et salons de thé. L’apparition des phonographes va permettre la diffusion de cette nouvelle musique.

Des années 1920 aux années 1940, le genre évolue, avec la prohibition de la vente de boissons alcoolisées aux États-Unis. Il fleurisse alors des bars clandestins où l’on entend des airs mélangeant différents styles, c’est la naissance du « swing ». De 1944 à 1949, naît le courant Bebop, changement majeur dans l’histoire du Jazz, axée sur l’habileté technique des musiciens et une plus grande complexité rythmique et harmonique, amenée entre autres par le saxophoniste Charlie Parker (surnommé Bird), le trompettiste Dizzy Gillespie et le pianiste Thelonious Monk.

Dès les années 1950 aux années1970, on assiste à un retour aux sources avec le mouvement « cool » qui cherche à revenir à une musique plus apaisée et plus accessible. Depuis 198, le mouvement éclate, le Jazz fusionne avec le rock, s’imprègne des rythmes africains et de la musique contemporaine.

Aujourd’hui, les amateurs de jazz sont beaucoup moins nombreux et divisés entre les différents types de jazz.

Les instruments

Les instruments les plus utilisés dans le jazz sont la trompette, le saxophone, le piano, le trombone et la clarinette. Cependant, beaucoup d’autres instruments sont joués tels que la batterie, la contrebasse, la guitare ou l’alto. Le jazz peut se jouer en groupes ou en solo. Pour les groupes, on parle de trio comme par exemple avec le piano, la batterie et le saxophone. Le trio a été jugé pendant longtemps idéal et équilibré. Cependant, il est aujourd’hui largement remis en question. Le quartet est l’association de quatre instruments différents comme par exemple la contrebasse, le banjo, le saxophone et la trompette. On peut aussi parler de sextet quand il y a une association de six instruments différents.

Les instruments sont ainsi nombreux et variés au sein d’un même groupe. En 1957, le temps d’un morceau, naît un trio surprenant composé d’un duo de batterie et un saxophone The Surrey With The Fringe On Top de l’album Newk’s Time de Sonny Rollins.

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Modern Jazz Quartet (John Lewis, Percy Heath, Kenny Clarke et Milt Jackson)

 

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Thelonious Monk

Pour ce qui est de la façon de jouer, il y a différents thèmes. L’improvisation est une part importante du jazz. Elle est en général un standard joué au début et/ou à la fin d’un morceau. Elle peut être jouée en solo ou en chorus c’est-à-dire avec plusieurs musiciens. Comme beaucoup d’autres artistes, John Coltrane l’illustre dans son album Interstellar Space de 1967. La polyrythmie est la superposition de plusieurs rythmes appelés « motifs ». Une syncope est une note sur temps faible souvent utilisée dans le jazz et dans le funk. Le shuffle, souvent utilisé dans le blues, ajoute un rythme et une souplesse. Le scat, pour le chant, est l’utilisation de l’onomatopée à la place des paroles.

Les courants musicaux

Né au début du XX ème siècle, il s’inspire de 3 courants musicaux du XIX ème :  le Negro-spiritual et le Gospel , le Blues , le Ragtime. A partir des années 1900 jusqu’aux années 1960, de nouveaux courants appartenant au jazz émergent.

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Vers 1910, le jazz New Orleans nait dans les rues de la Nouvelle Orléans à qui il doit son nom. Le style « New Orleans » a été repris par des orchestres de Blancs : on le désignait sous le nom de « Dixieland ». Dès 1920, le jazz se répand dans le Nord des Etats-Unis : il gagne Chicago, New York … Quelques grands noms de l’époque comme le trompettiste Louis Armstrong (1900-1971), le clarinettiste et saxophoniste Sydney Bechet (1891-1959) et la chanteuse Billie Holiday (1915-1959)…

Après le krach boursier de 1929, le jazz s’allie à la danse pour divertir le peuple américain sous la forme du swing. C’est le clarinettiste Benny Goodman (1909-1986) qui connaît le premier succès du swing. C’est la naissance des premiers grands orchestres de jazz : les Big Bands dans lesquels une place importante est laissée aux solistes pour leurs improvisations. Les Big Bands les plus célèbres sont ceux de Count Basie (1904-1984), Duke Ellington (1899-1974), Cab Calloway (1907).

Au début des années 40, de jeunes jazzmen noirs donnent au jazz une rythmique nouvelle, plus complexe, aux harmonies parfois dissonantes. Les tempos sont également de plus en plus enlevés. On appelle ce nouveau courant le Be-Bop. Quelques grands noms : le saxophoniste Charlie Parker (1920-1955), le trompettiste Dizzy Gillespie (1917-1993), le pianiste Thelonious Monk (1920-1982), le batteur Kenny Clarke (1914-1985) …

Vers 1950, c’est l’époque d’un jazz au style plus calme appelé Jazz Cool (« cool » = « frais » en anglais) et plus sobre. Les sonorités sont plus feutrées. Les deux précurseurs du Jazz Cool sont le trompettiste Miles Davis (1926-1991) et le saxophoniste Lester Young (1909-1959). Ce courant « Cool » se déplace vers la côte Ouest des Etats-Unis où il est joué principalement par des musiciens blancs. Face au classicisme du jazz cool, les musiciens noirs veulent préserver les spécificités de leur musique. Né à New York vers 1953, le Hard Bop est l’occasion d’un retour aux racines de la musique noire, Blues et Gospel, dans une version profane, riche en rythmes. Le batteur Art Blakey (1919-1990) est parmi les plus célèbres musiciens de Hard Bop. En même temps, émerge la funk. Elle est popularisée par James Brown et Maceo Parker.  Dès les années 1950, les Afro-Américains développe la soul. Un genre emprunté au jazz, gospel et rythms and blues dont le premier à employer ce nom est Ray Charles pour deux titres de ses albums : Soul Brothers (1958) et Soul Meeting (1961).

En 1960, le Free-Jazz un courant issu du jazz moderne, ne veut retenir du jazz que les éléments fondamentaux de la musique noire : l’énergie, le son brut, l’improvisation. C’est le jazz « libre ». Le saxophoniste Ornette Coleman (1930) en fut le précurseur. Après 1960, le jazz connaît d’autres courants issus de fusions avec d’autres styles et influencés par de nouvelles techniques du rock, comme le Jazz-Rock, ou encore le jazz fusion, forme hybride qui apparaît vers 1968 avec Miles Davis.

Depuis la période de fusion de jazz et rock, la diversité stylistique du jazz n’a pas décru .Le jazz a absorbé des influences de sources aussi disparates que la world music, la musique contemporaine ou les rythmes africains, et utilisant plus couramment la gamme chromatique avec des musiciens comme Ornette Coleman, Arthur Doyle ou John Zorn. Néanmoins, les amateurs de jazz sont beaucoup moins nombreux, et divisés entre les plus âgés, préférant le jazz traditionnel, un petit noyau de musiciens et de fans plus intéressés par un jazz moderne plus expérimental, et un groupe en constante évolution de musiciens mélangeant les différents types de jazz avec des genres musicaux contemporains, formant des styles différents. L’acid jazz de la fin des années 1980 et des années 1990 mélange des éléments de jazz avec les styles disco des années 1970. À la fin des années 1980 et durant les années 1990, des tentatives de mélange de musiques électroniques, comme le drum and bass, créent un style appelé future jazz, jazz-house ou nu jazz. Depuis, le mélange des genres se poursuit avec l’apparition de l’électro-swing. On joint l’héritage du jazz aux sonorités modernes, que ce soit simplement par une reprise de certains classiques ou une forte influence musicale revendiquée, avec des groupes tels que Parov Stelar, ou en France Caravan Palace, Chinese Man ou C2C. Malgré les apparences, le rap a aussi été influencé par le blues, cependant, cette influence est plutôt sur les textes. En effet, comme le blues, le rap possède des textes recherchés et contestataires. De plus les deux genres musicaux viennent du même environnement social, c’est à dire les quartiers pauvres et les deux styles musicaux ont été créés par les noirs, ce qui peut créer une similitude entres les sujets de textes.

Le Jazz, une danse et un état d’esprit

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Le terme jazz apparaît en 1917 pour désigner une musique syncopée, dérivée de la culture noire américaine, puis est librement employé pour qualifier les danses issues de cette rythmique. La danse jazz tire cependant son origine des danses afro américaines vernaculaires de la fin des années 1800.
Dans les années 20, le jazz s’allie à la danse pour divertir le peuple américain sous la forme du swing. Le swing désigne, en premier lieu, une manière d’être essentielle du jazz, celle qui donne à se balancer, à danser avec son corps dans l’espace. Pour certains auteurs, le swing accompagne toute l’histoire du jazz, pour d’autres, comme André Hodeir, il est devenu un courant musical du jazz qui prend son essor au milieu des années 1920 et va jusqu’à l’avènement du bebop dans les années 1940. Le commencement de la Grande Dépression a caractérisé la musique des années 1930 par les orchestres et groupes de musiciens. Soutenus par énormément de danse, ils sont en très grande partie reliés au divertissement américain de cette ère. Des danses qui étaient très connues, tels que le black bottom, le charleston brillamment promu par Josephine Baker, ainsi que le varsity drag, ont pris de nouvelles formes, comme le shag, le lindy hop, le big apple, truckin’ et le little peach.
À partir des années 1940, les grands chorégraphes modernes intègrent la danse jazz dans les comédies musicales et lui confèrent une fonction narrative. Des artistes comme Jack Cole, Bob Fosse et Jerome Robbins lui donnent ses lettres de noblesse. L’improvisation spontanée fait place à l’occupation de l’espace et à l’expressivité musicale. Le jazz associé au courant du swing et de la danse devient vite la traduction d’un état d’esprit, celui d’une émancipation festive, après-guerre (surtout dans les années 50), observable dans certains cabarets jazz de Harlem, ou de Louisiane.
Les années 1950 voient apparaître le vocable de « modern jazz », expression née dans les studios new-yorkais de Matt Mattox et autres chorégraphes qui travaillent sur l’énergie, les rythmes syncopés, les arrêts, les silences, la dynamique et la surprise, tout en favorisant l’expression individuelle et le « feeling ».
Bien que devenue codifiée et ayant perdu de son émancipation festive de l’après-guerre, la danse jazz continue encore aujourd’hui à attirer le grand public de par son état d’esprit de liberté, notamment les styles du swing et du bebop qui sont les plus populaires. De nombreux « Bals « , « soirée dansant » ou « flash mob » s’organisent par les passionnés à l’aide des réseaux sociaux ou directement par l’organisme de la ville et sont dansés sur les places. Les danseurs s’inspirent des scènes de danses issues des films hollywoodiens pour composer des chorégraphies, adopter l’attitude particulière, s’habiller et se coiffer comme dans les années 20-30.

L’impact sur les autres arts

Le jazz est un style de musique qui se retrouve dans beaucoup d’autres arts que la musique. Il inspire auteurs, peintres, réalisateurs, photographes, etc. Tant par l’ambiance des clubs de jazz que par ses protagonistes hors-normes.

 

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Fela Kuti, mars 1981

En littérature, Boris Vian était un grand amateur de jazz puisqu’il était lui-même trompettiste. Il donne le nom de son personnage d’après une chanson de Duke Ellington dans L’Ecume des jours (1947) : Chloé. Il contribue à la revue Jazz Hot publié de 1935 à 2007. D’autres auteurs, tels que Simone de Beauvoir dans L’Amérique au jour le jour (1948), Françoise Sagan, Jean Cocteau ou encore Michel Leiris, décrivent dans leurs œuvres, les atmosphères des clubs de jazz d’après-guerre de New York ou Paris. Ce genre musical singulier impacte aussi la bande dessinée comme l’illustre le roman graphique MONK! Thelonious, Pannoncia… une amitié, une révolution musicale sur Thelonious Monk de Youssef Daoudi publié le 8 novembre dernier.

 

Piet Mondrian (1872-1944) s’inspire du jazz dans ses peintures pour donner un rythme à

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Jean-Michel Basquiat, Lye (1983)

l’aide des formes et des couleurs et pour, lui aussi, recréer une atmosphère que l’on pouvait retrouver dans les clubs de jazz. Son oeuvre la mieux connue et qui illustre probablement le mieux cela est Broadway Boogie-Woogie (1942-43). Entre la peinture et la littérature, Henri Matisse écrit trois ans plus tard Jazz où le peintre se reconnaît dans la démarche d’improvisation. Nicolas de Staël se plaît à peindre des jazzmen dont Sidney Bechet en 1952/1953. Jean-Michel Basquiat adorait Miles Davis dont il s’inspire beaucoup dans Grain Alcohol de 1983. Il admirait aussi Dizzy Gillespie ainsi que le batteur Max Roach. Il peint Charles the First en l’honneur de Charlie Parker en 1982. Un an plus tard, il peint Lye en mémoire à Nat King Cole.

Pour ce qui est du 7e art, le premier film parlant dans l’histoire du cinéma est Le Chanteur de jazz en 1927 réalisé par Alan Crosland. Différents films sont réalisés avec des liens plus ou moins forts sur ce style musical. Les films varient avec les fictions qui recréer l’ambiance tels que les films de Woody Allen où l’ambiance légère et romantique peut rappeler l’univers du jazz. A l’inverse, les films de Spike Lee s’en inspire d’une manière beaucoup plus forte et violente en ayant comme thème principal la discrimination raciale en mettant en avant “la musique noire”. Cotton Club de Francis Ford Coppola sorti en 1984 retrace l’histoire des clubs. De plus, les bandes originales de films reprennent souvent des morceaux de jazz. La musique du film de la Nouvelle-Vague Ascenseur sur échafaud (1958) de Louis Malle a été composée par Miles Davis et fut de nombreuses fois rééditée.

La présence de jazz bands dans Jammin’ the Blues avec Lester Young de 1944, par exemple, se retrouve dans certains films. La trilogie des Blues Brothers illustre peut être le mieux cela puisqu’elle mélange l’histoire d’un groupe de musique composé de deux comédiens avec la présence de grands artistes de la musique soul tels qu’Aretha Franklin, Ray Charles, James Brown ou encore Cab Calloway. Des fictions existent aussi sur l’apprentissage d’instruments et sur le lien entre un artiste et son instrument comme par exemple Whisplash avec la batterie en 2014. Il existe aussi de nombreux biopics sur l’histoire des artistes : Lady sings the blues (1972) sur Billie Holiday, Bird de Clint Eastwood en 1988 sur Charlie Parker ou encore Ray (2004) et Miles Ahead (2015). Thème toujours d’actualité puisque le film qui a remporté les Oscars 2017 est La La Land de Damien Chazelle. Ce dernier étant en train de réaliser une nouvelle série Netflix The Eddy sur l’histoire d’un club parisien. Cependant, l’une des rares série télévisée en lien avec le jazz reste Treme.

Enfin, beaucoup de photographies d’artistes, de clubs ou encore de concerts sont réalisées. Le photographe et écrivain américain William Claxton déclare en 1959 que “le jazz est la musique la plus photogénique qui soit”. Il ajoute “sans doute parce que, comme la photographie, elle repose sur l’improvisation.”

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Miles Davis par William Claxton

Les perceptions

A la naissance du jazz, les États-Unis entrent dans la période de la Prohibition (1919-1933) interdisant ainsi toute circulation d’alcool et la fermeture d’endroit dit de débauche comme les bordels ou encore les bars.

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Pour parer à cela, des bars clandestins ouvrent leurs portes et c’est de là que la diffusion du jazz et de sa danse se développe. On écoute du jazz dans ces lieux interdits, par ce biais là les élites dirigeantes ou encore les partisans du mouvement de la tempérance à l’origine de cette prohibition n’ont qu’une mauvaise opinion de cette musique. De plus on sait que cette musique est d’origine noire, au temps de la ségrégation écouter de la musique noire ne correspondait pas vraiment à l’idéal que la société voulait transmettre de supériorité blanche.

Au delà de ces réticences, nous savons que le jazz a eu beaucoup de succès et s’est vite répandu avec des records de vente de disques. C’est un mouvement totalement nouveau avec de nouvelles normes qui plaisent beaucoup. Le jazz aide à repousser ses limites et à voyager, cette liberté musicale aide à atténuer les tensions et surtout à éviter de penser à la nouvelle guerre qui se rapproche.

Aujourd’hui la perception que l’on a du jazz est bien différente. En effet auparavant c’était une musique populaire qui entraînait à la danse dans des rythmes soutenus. Désormais le jazz est considéré comme une musique d’un autre temps et subi beaucoup de cliché. Pour de nombreuses personnes, c’est une musique réservée à une classe sociale relativement élevée par le coût des instruments. Ensuite, on peut dire que l’on a plus cette diffusion de masse, rare sont les fois où l’on peut écouter du jazz en concerts ou même dans un bar. Le jazz est quasiment une musique oubliée au profit de ces successeurs tel que le rock ou encore le rap. On l’associe à un temps désormais révolu et les amateurs ne sont plus forcément les plus jeunes et les musiciens plus forcément des virtuoses noirs.

Les enjeux sociaux du Jazz

Le jazz a une origine afro-américaine certaine. On peut le classer dans la continuité des « work song» de la population noire, chanson visant à lutter contre le racisme envers les noirs.

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Premier groupe de jazz mixte de Benny Goodman, 1938

En période de ségrégation raciale aux États-Unis (1875-1967), le jazz voit le jour dans une lutte contre le racisme envers la population noire qui domine dans tout le pays. Ce nouveau genre de musique eut un grand succès dans les années 1930, considéré comme son âge d’or. À travers leurs façons de jouer ou encore à travers leurs textes, les musiciens noirs tentent de faire passer un message d’espoir et de tolérance.

Les populations afro-américaines ont toujours utilisé la musique comme moyen de s’exprimer et pour se défendre du racisme environnant comme son ancêtre le gospel par exemple. Ainsi, le jazz permis à beaucoup d’artistes de pouvoir s’élever à un certain rang social et de pouvoir décrocher une certaine notoriété. Un véritable succès se forma autour de cette musique née à la Nouvelle-Orléans où la population noire est la plus défavorisée et se propagea dans toute la communauté. Les citoyens blancs aussi affectionnèrent beaucoup cette musique. Au point que des Band blancs se formèrent à leur tour mais il fallut attendre 1938 avec le groupe de Benny Goodman pour avoir un orchestre mixte, montrant ainsi le joug des lois ségrégationnistes.

Le problème qui se pose aujourd’hui porte sur les origines du jazz qui sont de plus en plus contestées. En effet des théories expliqueraient que la musique ne viendrait pas spécialement des populations noires mais aussi de la population blanche. Pourtant dès sa naissance la musique jazz se positionne comme contraire à la musique dite type européenne/occidentale. Un grand débat qui anime l’époque où l’on cherche à trouver qui est l’inventeur en voulant réduire l’action de l’autre afin de s’approprier la gloire. De plus, il faut signaler que malgré le fait que les Noirs soient à sa création, le jazz fut un marché très riche dirigé essentiellement par les Blancs. Les patrons de maison de disque diffusant cette musique par exemple sont essentiellement Blancs. De plus, la société a tendance à mettre davantage en avant les musiciens Blancs que les Noirs. On reconnaît aux Blancs un certain talent mais les témoignages rendent compte qu’ils n’ont pas cette culture d’improvisation propre au jazz.

On peut retrouver ce genre de problèmes aujourd’hui encore, les musiques typiquement d’origine noire sont souvent détournées au profit des Blancs. On le voit très clairement avec un des genres qui est le successeur du jazz : le rap. Le jazz n’ayant plus vraiment d’impact social aujourd’hui nous pouvons voir des similitudes avec le rap. Ce genre de musique est né dans la rue, dans les banlieues où se trouvent essentiellement une population afro-américaine telle que le Bronx de New-York. Le rap avait aussi des revendications sociales comme le jazz mais qui est désormais détourné par l’Industrie de la Musique où, en règle générale, les Blancs commandent d’en haut.